Appellation (nom féminin, subst. féminin)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Nom féminin 

XII e siècle, d'abord au sens de « appel en justice », puis de « dénomination ». Emprunté du latin appellatio, dérivé de appellatum, supin de appellare . Façon de nommer, nom donné à un être ou à un objet. Appellation familière, injurieuse. Les sobriquets sont des s populaires et ironiques. Spécialt. Appellation d'origine, indication du lieu d'origine d'un produit. Appellation d'origine contrôlée, ou contrôlée, dénomination d'un vin par le nom de la région ou de la localité où il est produit.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom féminin 

Action d'appeler et spécialement Façon de dénommer quelqu'un ou quelque chose. "Appellation à haute voix, familière, injurieuse."
"Appellation des lettres," Action de nommer chaque lettre de l'alphabet.
Il signifie, en termes de Pratique, Appel d'un jugement. Il ne se dit guère que dans les formules des arrêts et des jugements. "La Cour a mis l' à néant. Le jugement sera exécuté nonobstant opposition ou quelconque."



Dictionnaire d'Emile Littré

Subst. féminin 



 1   Appel à haute voix. Appellation des lettres de l'alphabet, action d'appeler les lettres de l'alphabet.

 2   Terme de palais. Appel d'un jugement. La cour a mis l' au néant.
MONTESQ.: « Les plébéiens établirent que ce serait devant eux que les s seraient portées »

 3   Nom donné à une chose.
CHATEAUB.: « C'est un coteau à qui l'on fera porter quelques-unes de ces douces s de la patrie »
BERN. DE S. P.: « Hélas ! j'ai vu s'animer de mille s charmantes les arbres, les fontaines »

HISTORIQUE
    XIIème siècle
     Th. le mart. 85: Obedience offristes ainz e subjectiun ; En refui de ço faites puis appellatiun
    XIVème siècle
ORESME: « Et pour ce que l'appellacion et notacion est faite selon le plus.... »
    XVIème siècle
CALV.: « Ils en appelloyent à Rome ; et les evesques estoient plus convoiteux de recevoir telles s qu'il n'eust esté de besoin »
LOYSEL: « Les s sont personnelles »
D'AUB.: « Il prolongea par refus et s, selon les advis [des avocats] »

ÉTYMOLOGIE
    Provenç. ; espagn. apelacion ; ital. appellazione ; d'appellationem (voy. APPELER).


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. féminin 


(On fait sentir les deux L.) Action d'appeler quelqu'un. "Appellation à haute voix."
"Appellation des lettres," Action de nommer chaque lettre de l'alphabet.



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



en termes de Pratique, Appel d'un jugement. Il ne se dit guère que dans les formules des arrêts et des jugements. "La cour a mis l' au néant. Le jugement sera exécuté nonobstant opposition ou quelconque."



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Subst. féminin 


(On prononce les deux L.) Appel d'un jugement. Il ne se dit guère que dans les Formules des Arrêts et des Sentences. "La Cour a mis l' au néant. La Sentence sera exécutée nonobstant opposition ou quelconque".
On dit, "Appellation des lettres," pour dire, La nomination des lettres.



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Subst. féminin 


Appel d'un Jugement. Il ne se dit guère que dans les Formules des Arrêts & des Sentences. "La Cour a mis l' au néant. La Sentence sera exécutée nonobstant opposition ou quelconque."
On dit, "Appellation des lettres," pour dire, L'action d'épeler.



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. féminin 

les 2 "l": "Apèl-la-cion".] 1°. Apel d'un jugement. Il ne se dit qu'au Palais: 'La Cour a mis "l'apellation" au néant.
- 2°. L'action d'épeler les lettres s'apelle "apellation" des lettres, ce qui fait croire qu'"épeler" se dit pour "apeler".



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Subst. féminin 


Les deux "l" se prononcent. Appel d'un jugement, ne se dit guere que dans ces formules. "La Cour a mis l' au neant, nonobstant oppositions ou s quelconques".




Emplacement dans le dictionnaire :

appauvrissement
appeau
appel
appelant
appelé
appeler
appelet
appeleur
appellatif

appendant
appendice
appendicite
appendiculaire
appendicule
appendiculé
appens
appentis
appesantir
appesantissement
appétence




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Ernest RENAN (L'Avenir de la science)

...admettre dans les premiers hommes un tact d'une délicatesse infinie, qui leur faisait saisir avec une finesse dont nous n'avons plus d'idée, les qualités sensibles qui devaient servir de base à l'appellation des choses. La faculté d'interprétation, qui n'est qu'une sagacité extrême à saisir les rapports, était en eux plus développée ; ils voyaient mille choses à la fois. La nature leur parlait plus...


Citation n°2 de Gaston LEROUX (Le Parfum de la dame en noir)

...poterne et nous voici dans une nouvelle cour. Nous avons le vieux donjon en face de nous. L'aspect en est vraiment impressionnant. Il est haut et carré ; aussi le désigne-t-on quelquefois sous cette appellation : la tour carrée. Et, comme cette tour occupe le coin le plus important de toute la fortification, on l'appelle encore la tour du coin... c'est le morceau le plus extraordinaire, le plus important...


Citation n°3 de Joseph JOUBERT (Pensées, essais, maximes et correspondance)

...ne sont propres qu'à former une langue à part. L'incertitude des idées rend le coeur irrésolu. Aussi faudrait-il n'user des termes abstraits qu'avec une extrême sobriété. Non-seulement ils ne sont l'appellation d'aucun être véritable ; mais ils n'expriment même aucune idée fixe, et, en accoutumant l'esprit à ne pas s'entendre, ils accoutument bientôt la conscience à ne pas nous juger. Plus le style a de...


Citation n°4 de Michel CRÈVECUR (Voyage dans la Haute Pensylvanie et dans l'État de New-York)

...pourquoi ils ne connoissent point ce zèle amer et brûlant, source de tant de guerres, de discordes et de haines. Ils considèrent et traitent tous les hommes comme frères ; de-là ce tutoiement et l'appellation générale d'ami dont ils se servent dans leurs conversations ; de-là leur aversion pour les procès, les dissentions, les querelles et la guerre, et leur amour pour la paix, qu'ils considèrent comme...


Citation n°5 de Charles SAINTE-BEUVE (Volupté)

...jour ni au soupçon ni à l'offense. Elle répondait une lettre environ sur trois des miennes, courte d'ordinaire, amicale avec sens et simplicité. Mais les formules restantes de politesse, cette appellation de monsieur , comme une voix étrangère, m'attristaient et me rattiraient au réel, et retraçaient à mes yeux les bornes sévères que j'aurais voulu, sinon franchir, du moins ne pas toujours voir !...


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